La ballade foutue
Et de l'amour on ne connaît plus rien...
Quoi dans les mots : любовь, 爱, love, amore ?
De clichés éculés, du vieux folklore,
une fragrance de l'étrangeté,
le zeste un peu amer, un peu fruité,
mélange, l'air papou et parisien,
une assemblée des dieux multicolore,
et de l'amour on ne connaît plus rien.
Les pluies, les fleurs — en hiver, en été ;
les gestes, les idées, si l'on ignore
des autres faces de l'éternité ;
les hauts les dressent, le public abhorre ;
les choses quotidiennes se péjorent,
l'ombre de l'espérance va et vient :
gênes visuelles, pollution sonore,
et de l'amour on ne connaît plus rien.
Chantez le pouvoir noir de la beauté !
Charybde et Scylla, Sodome et Gomorrhe,
le sentiment de la futilité
d'opter, choisir, javelliser des Maures :
acheter du vin, mais briser l'amphore ;
songer au bonheur, et fuir l'entretien ;
toujours échapper, essayer encore ;
et de l'amour on ne connaît plus rien.
Princesse, dont vénération nous dore,
nous voilà, bien assujettis, gardiens
de vos charmes charnels que tous adorent...
Mais de l'amour on ne connaît plus rien.
2011
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